Salut l’Artiste


/!\  texte sous protection OLI W.P. ©®™

En vrac à votre attention et, pour quelques temps encore, en vrac à l’intérieur, par moments mais pas tout le temps, j’écris. Oli W.P. livre ici dans un désordre propre au fonctionnement erratique, pathético-pathologique… dysfonctionnement plutôt de ses bulbes, et nous sert avec des fioritures ses souvenirs et sentiments. Le triste et redouté, depuis dix ans ou presque, redouté évènement, fatal avènement, après 27 années de chemins qui se croisent et se recroisent, se séparent pour mieux se retrouver, ces 2 chemins caillouteux finissent par se scinder. Temporairement et pour de bon, l’un mercredi 25 novembre s’en est vers son ciel allé à travers le plafond d’hier. L’autre reste sur terre et mer, comme toujours, entre terre et mers, délétère amer, salubre lubrique, moi personnellement je, Oli W.P. erre seul, pauvre hère, je suis en deuil.

Adieu mon ami Jean-Pierre, comme tu me l’as si souvent suggéré,

j’écris.

(…) A l’orée de la soixantaine, il (me) convient de reconnaitre la chance (que j’ai) d’être (encore) ici maintenant, proche de vous, en possession semble-t-il de tous moyens utiles et nécessaires. Utiles et nécessaires selon les classiques conventions pour une existence paisible, heureuse ou pour le moins émaillée de moments puissants, de débordements d’émotions, souvent gais, parfois tristes, aujourd’hui profondément douloureux. Par exemple il y a quelques jours, ce moment éminemment drôle, avec S. S. F. à table au dîner, lorsqu’ils ont visionné une de mes secrètes vidéos auto produite en pleine forêt ; fous rires lorsque j’interprêtais Suzie Q. a capella en bougeant mon corps souple comme un verre de lampe et enveloppé comme un cadeau de Noël…

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Io

La perception subjective chez l’humain donne parfois des représentations qui, à travers le prisme des uns des autres puis, transférées sur toile pourraient donner des tableaux très divers. Ma retranscription, le tableau que je dresse ici de Jipé, de notre relation, ne vaut guère plus qu’un cliché un dessin furtif sur le coin de la nappe en papier à la cantine hier midi, mais pour moi et peut-être pour lui, c’est important. J’ai peint un paysage de campagne, au petit matin, la brume se lève, brouillards qui se dissipent, humidité, senteurs des champs, odeurs des bouses de vaches, promesse d’un jour animé dans la brise revigorante, quelques psylos interdits pointent de ci de là, tentants, tentateurs, diabolicus campinolius [« petits produits des campagnes » ou « qui pousse dans les champs » (dérivé en -ŏlu de campania), lui-même issu de la racine latine campus, « campagne », qui donne le champ, la plaine – voir sur wiki.fr ]. Il y a dans un coin un panier de picnic qui annonce un heureux repas partagé, festif, joyeux, roboratif et des ping pong mémorables de sourires, bons mots, regards aimants. Il y en eu beaucoup, pas assez dirons nous aujourd’hui. Il y a toujours eu, il y aura toujours l’envie, l’envie de vivre la vie que l’on aime avec les gens que l’on aime.

Et aussi le soleil, la mer, les embruns, et le ciel, trainées de nuages évaporés, et, sur terre aussi, quelques filles comme on les aime, femmes, fées envoutantes à l’arrière des berlines, toutes telles d’evasnecentes trainées (sauf ma mère et ma fille)(*) déesses ultimes, sublimes, étoiles de ma vie.

*ndla : enfin ma mère pas vraiment c’est à dire, une chose hait son contraire et inversement, mais c’est pas le sujet, ma mère, yo, la vache!

Vous l’aurez compris, je suis venu vous dire qu’il s’en est allé Jean-Pierre. Le joueur de tambours a tracé. Tracer une ligne avec une myriades de points finaux, définitivement terminaux, c’est pas finaud ou bien si c’est contre ton gré, mal gré, malgré, sans remord, juste quelques regrets, celui tout simple de ne pas avoir eu le temps de prendre le temps et bien ficeler le dossier, te présenter libre de tout engagement terrestre. Libre de tout sinon d’être toujours, tu resteras à jamais, part de chacune et chacun, éternel en l’esprit, les âmes de ton épouse, tes enfants, tes petits enfants, quelques amies, amis, et un copain. Le copain c’est l’Olive, Oli, Olivier ton pote de presque trente ans, putain, 30 ans !

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25 novembre 2020

Ji.Pé a posé son baluchon au bord du lit, à quoi bon s’encombrer, et, sans trop d’hésitation avec beaucoup de tristesse « though » (prononcer « zö » « though » en anglais ça sonne mieux, zö avec la langue sur les dents de devant; tu vois comme une anglaise pop et qui te sourit avec les dents en avant et te zozotte des the the the que tu lui mettrai bien un pieu final )…heu pardon, je m’égare, mais, le saviez-vous, Jean Pierre ça le fait marrer quand je délire des mots, que la graphomanie prend le pouvoir, si tant est que je ne m’en prends pas à l’une ou l’un. d’entre nous, les proches, et aussi moins intimes les cytoyens innocents, aux mains et parfois au portefeuille aussi, pleines, plein. Faut pas tirer sur l’ambulance, mais l’infirmière (sauf sa soeur) faut voir. Mais attention aux effets de bords, ça pourrait éclabousser…

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25 novembre 2020 bis, sérieusement (?)

Pour passer la porte, rejoindre la Lumière il lui a fallu courber sa grande et belle enveloppe, son vaisseau amiral admirable, séduisant, classe, digne, aristocrate un peu mais pas en vrai. Jipé c’était un auvergnat monté à Panam pour faire le taf. Bref, il courbe son échine usée pour pas cogner la tête, tant qu’à faire, garder toujours les cheveux qui ont resisté à tant de maltraitance médicamenteuse, survécu aux effets secondaires de 3, 4, 5 chimiothérapies et autres protocoles de survie. Partir lentement, par pallier, c’est peut-être mieux que trop vite d’un coup, mais la facture à payer, in fine, c’est rêch.

Un beau gosse comme lui ce serai dommage d’abimer son chef, décoiffer la tonsure, déplumer des tifs le golliwok, l’unité centrale ou plus précisément la R.A.M., random acces memory, mémoire à accès aléatoire, c’est pas le moments, ta mère t’a pas appelé Antoine que je sache ? C’est jamais le moment.

Ca ne sera jamais le moment. 

Triste de nous laisser là, sachant que nous allions gémir, pleurer, souffrir pour la plupart, ça l’embête le grand copain, il préfèrerait ne pas déranger, passer la porte vite fait, comme un renard qui s’enfuirait du poulailler après avoir fait son business. Hé oui, la mort, c’est pas vraiment joace, pas facile, pas cool. Dire que ça peut arriver à tout le monde ne nous consolera pas alors, pipeau les copains les copines, je vous propose juste de taper du pied en écoutant votre morceau de Johnny Halliday préféré, voici le mien, pas très gai mais ainsi soit il :

Allez, Je vous passe vite fait sur les larmes et autres tressaillements douloureux, ça mériterai une disserte sur la forme et le fond, mais camembert, circulez, y a rien à voir. Finalement, la fin, c’est dur pour ceux qui restent, enfin c’est ce qu’on (con) dit (ce « on » qu’est-ce qu’il m’énerve). Et croire en le retour de Martin, guère je n’y (formulation en mode Jedi vous savez le petit vert).

Croire n’est pas mon fort, enfin croire en les salamalecs de tous les dimanches et la confesson et les pénitences, et ceci cela. Nous avions chacun notre façon de croire et de , en quelques sorte, prier. Je prie pour toi. Tu pries pour moi. 

Alors adieu l’Artiste, bon voyage mon ami de longue date, je repense à ta manière de vivre la Foi, et si croire c’est douter, tu te doutes que le doute m’habite, enfin assez souvent pour, malgré tout, continuer à marcher sur le bord de la route, en boitant un peu

(…)

Epilogue : Lors de nos premières rencontres, un peu comme c’est écrit dans les livres, l’histoire se promettait d’être riche en marrades et partages, moments précieux et pauses café. Nous ne fument pas déçu. Pas impressionnant par le nombre nos journées communes peu communes, finalement, in the end, à l’orée du purgatoire, l’enfer, le paradis, mises bout à bout, nos rares journées à quelques semaines se résument, disons à 100 jours mais, tellement denses, riches en émotions !

Des jours de travail, disons une cinquantaine au coeur des 90’s et puis des matinées accrochés au comptoir du bar, à s’abreuver de quelques cafés et autres excitants, pour se marrer ou juste pour, en passant le temps, feuilleter le Parisien au Leffe, le Journal du Dimanche chez M. et Mme Portugais. Parler de l’actualité, des unes, des autres, non pas la pluie seul le beau temps, les belles choses, enluminures de quadrature du cercle, l’ovale et les triangles, à 7 cotés, à tes côtés, en quelques sortes lovés, tels renards en goguettes, sauvages, loups mimant d’être apprivoisés, castors à la queue pas plate, visons pas en fourrure pelables, fourbisseurs de bons mots, sereins en fureur, fureur contenue, f…

Fureur de vivre, géant, à l’est d’Eden.

Accoudés au comptoir. Du comptoir, selon la place que tu occupes, tu vois le bar, ta boisson et éventuellement de ci de là ton reflet dans la glace, les convives un peu plus loin mais pas distants, accrochés au zinc, les travailleurs de l’entretien, les commerçants avant l’ouverture, quelques couples éphémères ou interdits qui s’autorisent, bavards, introvertis, bonnes gueules, sales gueules, et toute la panoplie des piliers de bars, le matin, à la fraîche.

Les gens finalement, on les aime quand même, enfin surtout toi. Sans gratter, d’aucuns pensent que tu aimes tout le monde, et que ce sont eux, elle, lui, que tu aimais le plus, ou pour le moins le plus ou moins plus que l’autre. Mais avec modération et classe, économie de démonstrations affectueuses, à l’unité. On n’est pas, on ne nait pas auvergnat pour rien chez les Salles. Pas plus que normand parigot sans écart, grands écarts, chez les miens. Des envolées quasi lyriques, des atterrissages parfois en crabes, astrologiquement rassemblés toi et moi, émois, par le signe du cancer, le crabe, le fameux, le riche de multiples sens et influences, le crustacé tantôt, le vicelard aussi. l’enculé de crabe.

Je ne vais pas clore sur une vulgarité pourtant cette chienlit qui t’emporte je lui aurai volontier explosé le système, atomisé tel l’alien dans les films. Mais non, il faut admettre, se poser, et, respirer un bon coup, pourvu que ça dure.

Toutes ces années, tous ces levers de soleil, avec la possibilité d’une île, d’une idylle, la certitude d’un déjeuner copieux bien accompagné et arrosé, de blagues à la légèreté légendaire dans le quartier et sur les boulevards, des sourires, mimiques entendues, et puis pour finir, un « salut ! »

Salut, l’Artiste

PS: si l’envie t’en prend mon Jean Pierre, l’envie d’avoir envie, et bien tiens !

OLI W.P. ©®™

2 réflexions sur « Salut l’Artiste »

  1. Outchhh… Que dire ?
    Ton pote JP a donc tiré sa révérence…
    Votre amitié en a vu d’autres,
    nul doute qu’elle survivra à ce sale coup.

    J'aime

  2. Cathy Poissonnet 7 décembre 2020 — 5:41

    Oups !
    Bravo à toi ‘ Olive ‘ pour cet hommage’ en mots doux ‘ sensibles et d’amour ! Ta douleur se dit plus sobrement ‘ moins délirante ‘ donc plus accessible à mon être’ Merci Merci Merci ‘
    Merci pour JiPé et ses amants’amours’amis’… liens de cœur 💖.
     »je me souviens d’un matin
    Café de la médiathèque
    Une silhouette longue
    A la Jean Cocteau
    Accoudé au comptoir
    Sirotant un p’tit noir
    Smart very smart  »…aristo’art?
    Mélodie tertiaire
    Planète Air!!!
    Belle impression ‘ belle présence ‘ joueur de mots qui donne le Rire
    Voilà
    Souvenirs d’une rencontre.
    PARTAGE de votre univers chaleureux , chaud, joyeux de votre amitié forte ! Merci.

    Cette vie qui prend son envol
    Tristesse’ larmes’ cris du cœur qui saigne’ oui parfois crier
    Soulage ‘ j’aime aller crier en forêt ‘ seule ‘ les arbres me reconnaissent’ m’attendent’ je leur parle’ les embrasse’ ils offre cette force ‘ immuable puissance ‘ éternelle vie et stabilité’
    antennes entre ciel et terre… »entre ciel et terre » ‘ tiens Théodore Monod ! Merci merci merci a toi Jean Pierre ‘ d’être .
    La mort est ……….un passage…….un retour a la source. Le lien’ lui ‘pour ceux qui pleurent ‘ ne meurt jamais !
    Bises douces Olive

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