ARKAM. I belong there


Lorsque je descends du bateau, la brume peine à se dissiper et je manque de finir à l’eau…est-ce bien de l’eau? Humidité, comme la pression atmosphérique ressentie en latitude zéro, les forêts tropicales, à la mousson,.. Et puis, j’arpente les pavés visqueux pris par moments de spasmes tant l’odeur du port et jusqu’au centre de la ville, ces humeurs horripilantes m’insupportent. Aussi lorsqu’une lueur émerge à l’entrée d’un pub c’est comme une première délivrance, douloureux, rasséréné voluptueux, je pousse la porte d’une épaule mal assurée, les mains prises par mon bagage et le plan d’Howard. J’ai soif et faim soudain, le contraste olfactif est brillant, après l’opacité, le doux fumet d’un pie longuement mijoté et la fumée de pipe si apaisants, mon visage se détend avant d’à nouveau se crisper; les regards hagards transpercent ma fragile carapace. Je m’effondre quasiment alors sur la seule banquette libre, ruiné.

Passé quelques minutes je me dirige vers le bar pour commander une pinte et le plat du jour. Chacun à repris son ouvrage, quelques conversations opaques, inintelligibles, marmonnées, et ingurgitent leurs breuvages à force succions sénescentes.

« Bonjour, heu, bonsoir, je ne sais plus, puis-je avoir une pinte de Lager s’il vous plait? »

Sans m’adresser même un regard le barman attrape un verre jadis diaphane pour l’emplir à la pompe, me le tend et retourne à l’autre bout du comptoir. La pénombre qui règne ne m’a permis de voir son visage mais j’ai entraperçu sa peau verdâtre, comme couverte d’écailles, avec sur ses joues, symétriques, trois entailles frémissantes. J’en tremble en retournant m’assoir.

La bière est gouteuse, je m’en abreuve voracement, et soudain le trou noir. Black out.

Lorsque je reprends connaissance je suis allongé sur un lit étroit, dans une chambre sombre. Quelques rais de lumières filtrent à travers le volet branlant d’une fenêtre étroite. Je titube jusqu’à elle pour voir que je suis au premier étage probablement du pub car la place pavée en contrebas me semble être celle qui m’a mené à la taverne. Je retourne au lit puis sombre à nouveau dans un sommeil agité. L’univers de Howard Philipp ne lasse de peupler mes songes de Chtullu et ses semblables, grands anciens sur le seuil.

J’entends les rats dans le mur

Définitivement, je suis d’ailleurs

Iä! Shub-Niggurath! ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn! Iä Hastur cf’ayak’vulgtmm, vugtlagln vulgtmm. ph’nglui mglw’nafh Cthugha Fomalhaut n’gha-ghaa naf’lthagn

That is not dead which can eternal lie, and with strange aeons even death may die.

Ce n’est pas la mort qui peut mentir éternellement, et avec des ères étranges même la mort peut mourir.

Cahf ah nafl mglw’nafh hh’ ahor syha’h ah’legeth, ng llll or’azath syha’hnahh n’ghftephai n’gha ahornah ah’mglw’nafh

à suivre – Ω.Λ.Ι ω.ρ

1 réflexion sur « ARKAM. I belong there »

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